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Le point de vue créationniste
5.2 Le point de vue créationniste
Création. Au sens le plus stricte, la Création est l'acte de faire exister à partir de rien, de donner l'être. seul Dieu peut créer. La réalité de la Création fait partie de la révélation biblique: c'est la révélation des deux premiers chapitres de la Genèse. Tous les philosophes ne sont pas d'accord, certains croient que le monde est éternel.; d'autres pensent qu'il y a eu un commencement, sans vraiment connaître Dieu.
1. Créationnisme Biblique[1]
Les créationnistes bibliques croient que les 11 premiers chapitres de la Genèse sont historiques et que l'Éternel Dieu a tout créé en six jours délimités en durée par un soir et un matin, même avant le quatrième jour, avant la création du Soleil.
David J. Tyler, dans son article Création et Providence[2], nous rappelle le fait historique, trop souvent oublié aujourd’hui: la méthode scientifique a été premièrement formulée et pratiquée dans les pays où la Foi chrétienne avait eu une grande influence.
La majorité des membres fondateurs de la Royal Society étaient des hommes qui avaient la Bible en haute estime. David Tyler pose la question : y a t il un lien entre les enseignements bibliques et le développement de la science moderne ?
2. Créationnisme scientifique[3]
Il faut d'abord souligner que les sciences s'arrogent le droit de pénétrer dans la propriété de l'Éternel Dieu, Créateur et Rédempteur, sans lui en demander la permission et même en l'ignorant totalement. Ils disent que leurs sciences n'ont rien à voir avec la Création, ils se veulent autonomes, selon leurs propres lois. Ils ignorent et renient le Christ Créateur/Rédempteur et Sa Gloire!
En ignorant Sa Providence, ils refusent de reconnaître qu'Il a créé tout ce qui existe, toutes choses, et qu'Il les gouverne et les conduit, disposant de tout ce qui arrive dans le monde et réglant tout selon sa volonté. Ils ignorent ou veulent ignorer que c'est en Christ Jésus que toutes choses ont été créées… qu'Il est en toutes choses qui subsistent en Lui (Col 1: 16-17; Héb 1: 10-14).
Le créationnisme scientifique des créationnistes bibliques entre dans le cadre du Mandat culturel.
a) Le mandat culturel[4]
Lorsque le Seigneur Jésus monta au ciel, avant Son Ascension , il donna à ses disciples le Mandat de transmettre l'Évangile à toutes les nations du monde entier, afin que tous les élus se soumettent au Christ Jésus et le reconnaissent comme Seigneur et Sauveur.
Mais bien longtemps avant, un autre Mandat fut donné à tous les hommes, sauvés ou non, en vertu de leur création à l'image de Dieu. Ce Mandat avait un point de vue universel, en pérennité. Son but était et est toujours que les hommes gèrent, par délégation, les affaires de Dieu sur la Terre. C'est une obligation pour tous les hommes.
Ce premier Mandat, dans sa forme première, appelé Mandat culturel, donné à Adam, se trouve en Genèse 1: 26-28 … Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre …
La domination est selon l'office d'intendant de Dieu et non pas dans la licence de ceux qui détruisent la Terre (Apoc 11: 18). La Terre est à l'Éternel, et tout ce qu'elle contient. Ainsi que le monde et ceux qui l'habitent… (Ps 24: 1).
Bien que l'Éternel conserve sa propriété, l'homme reçoit la charge de la Terre et de tout ce qu'elle contient de vivant ou d'inerte, telle est sa responsabilité. Le commandement de soumettre la Terre doit être compris dans le sens de mettre la Terre, avec beaucoup de soins, dans un état de productivité et d'utilité montrant la plus grande gloire de Dieu, mais aussi au bénéfice de l'humanité.
C'est ainsi que l'on peut dire que ce Mandat autorise - et en fait commande - les entreprises humaines, que nous appelons sciences et technologies, ou recherches et développement. Premièrement nous devons apprendre à comprendre la nature précise des lois de la Création, afin de montrer leur beauté et leur utilité, toujours à la gloire de Dieu.
Les actes de Création par lesquels Dieu a amené Son univers et ses habitants à l'existence, sont reflétés dans les divisions majeures des sciences, comme les hommes continuent années après années à soumettre la Terre.
Il y a trois actes spécifiques dans la Création ex nihilo tels qu'ils sont révélés dans la Genèse; ils nous montrent trois ordres fondamentaux différents dans l'Univers de l'Éternel Dieu. Trois actes désignés par le verbe Hébreu bara (créer) qui caractérise la Création ex nihilo.
- Le monde physique: au commencement Dieu créa les cieux et la Terre (Gen 1: 1).
- Le monde vivant: Dieu créa… (Gen 1: 21s).
- Le monde de l'humanité: Dieu créa l'homme à son image (Gen 1: 27s).
L'activité de Recherche et de Développement, concernant ces trois "univers", peut être divisé en:
- Sciences physiques: physique, chimie, géologie, hydrologie , météorologie, astronomie…
- Sciences de la vie
- Sciences de l'homme et de la société
La technologie construite sur ces sciences, comprend les branches de la "science et de l'art" des ingénieurs.
Les sciences de la vie utilisent les sciences physiques, mais leur ajoutent des données particulières, propres aux phénomènes vivants, ce sont les disciplines telles que la biologie, la physiologie, la génétique… Ces systèmes vivants étant construits sur une base physique, de nombreux champs interdisciplinaires interviennent entre les sciences physiques, telles la biochimie…
C'est à ce niveau qu'apparaissent les limites d'action de ces sciences, qui demeurent matérialistes, parce qu'elles décrivent très partiellement le Comment des lois que Dieu a imposé à Sa Création et non pas le Pourquoi!
b) L'image de Dieu brouillée
Les "sciences sociales" incluent toutes les disciplines concernant la société humaine. Mais aussi elles étudient les aspects de la vie humaine et ses activités, qui vont bien au-delà des lois de la physique et de la biologie perçues et associées avec ce que la Bible appelle "l'image de Dieu" dans l'homme.
Le Mandat Culturel a été donné à Adam, avant l'entrée du péché dans le monde. Avec l'entrée du péché qui est une rébellion contre Dieu, la relation de l'homme avec Dieu a été profondément affectée, ainsi qu'avec les autres hommes (Caïn et Abel).
Si l'image de Dieu est encore présente dans tous les hommes (Gen 9: 6; Jacques 3: 9), elle a été profondément brouillée. Elle a un profond besoin de restauration (rétablie dans son état premier) et de renouveau (Col 3: 9-12).
Ainsi toutes les sciences, toutes les sciences sociales et humaines, toutes les activités humaines, doivent prendre conscience de cette réalité.
c) les effets du péché
L'entrée du péché dans la nature humaine par la rébellion de Satan et la Chute d'Adam a des effets spirituels qui s'étendent à tous les hommes, dans tous les domaines de la vie humaine et en particulier dans toutes les connaissances scientifiques. Il s'ensuit la malédiction sur la Terre et la mort sur tout le monde (Gen 3: 17-20; Rom 5: 12).
Qu'est donc l'effet de l'entrée du péché sur la responsabilité des hommes vis-à-vis du Mandat culturel? Quels sont les changements introduits dans les relations de l'homme déchu à l'égard de la Terre, concernant sa gérance? Quelle est sa réponse au commandement de soumettre la Terre pour la gloire de Dieu et le bien des hommes.
En un sens rien n'a changé dans les obligations de l'homme. Il est toujours responsable de soumettre la Terre selon les lois de Dieu, et avoir domination sur elle. Non seulement après le péché d'Adam, mais aussi après la multiplication du péché chez les antédiluviens et le Jugement cataclysmique du Déluge, Dieu renouvela Son Mandat, dans Son Alliance, avec Noé et ses fils (Gen 9: 1, 9). En outre, la domination de l'homme sur la Terre et les animaux est réaffirmée (Gen 9: 2).
Le Mandat était toujours en vigueur au temps de David: Tu lui as donné l'empire (la domination) sur les œuvres de tes mains (Ps 8: 7). Il n'a pas été retiré dans la période apostolique (Héb 2: 6-8). Il n'y a aucune indication dans l'Écriture de son retrait. La tâche assignée à Adam ne sera entièrement remplie que lors du triomphe du Royaume du Christ glorieux. Ainsi, aujourd'hui tous les hommes doivent rendre compte à l'Éternel Dieu de ce qu'ils font, pour leur part, dans l'accomplissement de ce Mandat et en particulier, lorsqu'ils prétendent expliquer leurs découvertes et leurs expérimentations.
Mais il y a une grande différence avec ce qui était avant l'arrivée du péché et de la Chute, il n'y avait alors aucun besoin d'étudier la nature de l'homme, les disciplines sociales n'existaient pas et n'auraient jamais été développées si Adam n'avait pas péché. Le péché a non seulement corrompu les relations humaines, mais aussi les études de la Création tout entière. Alors les sciences naturelles ont été réorganisées autour du concept d'évolution, et le Créateur a été repoussé toujours plus, jusqu'à ce que pour beaucoup, tout se passe comme s'Il n'existe pas.
L'origine de l'Univers a été attribuée à une explosion primordiale, dont la cause est inconnue. L'origine de la vie est attribuée à un processus inconnu dans la "soupe primitive"; et l'origine de l'homme supposée due à l'évolution naturelle, à partir d'un ancêtre animal inconnu.
Bien que tous les hommes soient toujours sous le Mandat donné Adam et renouvelé à Noé pour exercer l'intendance fidèle et productive, sur la, Terre, à la Gloire de Dieu, la vérité est que tous ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu (Rom 3: 23).
A un degré, plus que tragique, les sciences, la technologie, et même la théologie et la philosophie, les arts, sont par les hommes pécheurs placés de plus en plus loin du Mandat de l'Éternel Dieu. Les hommes ne soumettent pas la Terre pour la gloire de Dieu, mais au contraire la détruisent (Apoc 11: 18) par leur convoitise. Mais le croyant Chrétien s'est dépouillé du vieil homme avec ses œuvres mauvaises, et a revêtu du nouvel homme qui se renouvelle sans cesse, à l'image de Celui qui l'a créé, jusqu'à ce qu'il parvienne à la pleine connaissance…(Col 3: 9-10).
d) L'Écriture Sainte et la culture
Nous trouvons dans l'ouvrage de J. Gresham Machen Education, Christianity, and the State, le chapitre 3 Christianity and Culture[5], qui nous montre la dichotomie générale entre l'Écriture Sainte et la piété d'un côté, et la culture de l'autre.
Machen nous montre d'abord, la séparation des Chrétiens, entre ceux qui ne veulent voir que la piété personnelle d'une religion, qui est une affaire privée[6] et ceux qui veulent connaître toutes les sciences qui étudient la Création, dans le cadre du Mandat Culturel, afin de réformer la société.
Plus loin il décrit comme principal problème, en confrontation avec les Églises, le système scolaire (et il faut bien l'affirmer, s'il décrit le système américain, le nôtre est tout à fait semblable, notre problème est identique, sinon pire).
Ce système scolaire, de l'École élémentaire, en passant par le Collège le Lycée, jusqu'à l'Université est constituée de façon à garder la religion et la culture aussi séparées qu'il est possible. Ce système évacue totalement la relation qu'il y a entre la foi et la culture; relation selon le commandement de l'Éternel Dieu, dans le Mandat Culturel.
Durant 5 ou 6 jours les jeunes sont engagés dans l'acquisition des connaissances profanes. Dans cette activité l'étude de la Bible est bannie. On étudie les sciences naturelles, selon la philosophie évolutionniste (positivisme), sans aucun lien avec la Révélation. On étudie le Grec sans ouvrir le Nouveau Testament. On se dit dans la civilisation Judéo-chrétienne, mais on n'étudie ni l'Hébreu, ni la Bible. On étudie l'histoire en évitant soigneusement de parler de Jésus et de son enseignement…et sans aucun point de vue biblique
Le Dimanche, d'un autre côté, on a l'instruction religieuse, où l'intellect n'intervient pas, on ne prépare pas les leçons de l'École du Dimanche, comme celles de l'école de la semaine. La vie chrétienne semble être quelque chose qui ne concerne que l'émotion et la volonté, laissant l'intellect aux études profanes.
Il n'est pas étonnant qu'après une telle scolarité, on en vient à regarder la religion chrétienne et la culture comme appartenant à deux compartiments totalement séparés, et étanches l'un par rapport à l'autre.
Lorsqu'un jeune homme entre au Séminaire, il est introduit dans une procédure différente. La religion est retirée de son exclusion, mais les mêmes méthodes d'études réservées jusque là aux sciences naturelles, ou à la littérature, sont appliquées. D'ailleurs en France on a des Facultés de théologie, dont les méthodes sont analogues à la Faculté des Lettres et qui délivre des diplômes portant les mêmes noms (DEUG, licence, Maîtrise, DESS, DEA etc.).
On étudie la Bible non pas avec le désir d'une croissance spirituelle et morale, mais de façon à connaître pour augmenter ses connaissances; la grande majorité des étudiants en théologie n'a aucune vocation pour le service de l'Église du Christ. L'esprit scientifique semble remplacer la foi simple au Christ glorieux. L'esprit scientifique semble incompatible avec l'esprit de la foi vivante. Les jeunes n'ayant pas été préparés par leur scolarité, sont placés face à face avec le problème de la relation entre la connaissance et la piété, ou d'une autre manière entre la culture et la foi chrétienne biblique.
Ainsi apparaissent trois possibilités:
- 1). La foi chrétienne peut être subordonnée à la culture et de façon inconsciente, cette position est favorisée par une large portion des membres, très influente, dans l'Église. Petit à petit, le surnaturel est éliminé, les miracles de Jésus sont considérés comme des fables. La foi chrétienne n'est plus qu'un sous-produit de la culture. Il n'y a même plus de Révélation; l'Évangile n'est plus l'Évangile. En subordonnant le Christianisme à la culture, le Christianisme a été détruit et les Églises sont presque vides, tout en portant le nom de jadis, ce qui est ainsi une contrefaçon.
- 2). D'un autre côté, il y a la position extrême , en cherchant à donner à la religion un champ clair, la culture est détruite. Avec le mal profond dans le monde, il faut avant tout le salut, qui est le don d'une vie toute nouvelle, venant directement de Dieu: la culture est une matière sans importance; Cependant on peut employer, les moyens d'impressions rapides, l'automobile, l'informatique pour la propagation de l'Évangile… et en même temps dénoncer toutes ces commodités, comme des activités mauvaises. Peut être aujourd'hui cette attitude des hommes très pieux est- elle moins fréquente, mais ceux-ci sont très rares.
- 3). Il y a la troisième solution qui n'a rien d'une compromission, car elle est conforme au Mandat culturel, selon le commandement de Dieu. Au lieu de mépriser les arts et les sciences et les technologies, ou de les regarder de façon indifférente, celles-ci doivent être cultivées avec le même enthousiasme que les humanistes, et en même temps les consacrer au service, et à la Gloire, de l'Éternel Dieu, qui nous fait ce don magnifique.
- Au lieu d'effacer la distinction entre le Royaume et le monde, ou de se retirer du monde en une sorte de monastère modernisé, le Chrétien biblique et la théologie Réformée régulière sont concernés par toutes les sphères de la Création, de la vie, et des sciences en particulier, dans le cadre du Mandat culturel. Ainsi le chrétien ne devrait être satisfait que lorsque l'Évangile et la Loi s'emparent de toutes les activités humaines, dans toutes les nations et dans tous les domaines de la pensée des hommes, et ce n'est pas une utopie.
e) Faits bruts et évidences
Selon la philosophie: Par l'activité de l'intellect, dans la constatation des faits
- nous faisons une sélection, de tout ce qui tombe sous nos sens, notre esprit ne retient que certains détails, ou certains aspects. Tous ceux qui ne présentent pas d'intérêt pour nous passent inaperçus, et sont pour nous comme s'ils n'étaient pas. La perception des faits est une véritable construction de l'intuition, mais c'est aussi une source d'illusion.
- Nous faisons aussi un choix des faits; dire que l'observation doit être complète, ne signifie pas que l'observateur exercé note tout ce qui tombe sous ses yeux: il fait toujours un choix. Certains faits sont sans intérêt, d'autre sont très instructifs, certains les appellent les faits privilégiés (Bacon).
- Les fait brut et le fait scientifique: on oppose quelquefois le "fait brut" et le "fait scientifique". On a tendance à dire que le fait brut n'existe pas. Mais il y a dans le fait empirique toute une part de construction et elle est encore beaucoup plus grande dans le fait scientifique. C'est ce qui sépare la connaissance vulgaire et les sciences. Un fait ne peut rentrer dans une science que s'il a subi toute une préparation: s'il a été analysé, interprété, mesuré.
Un fait brut est pris tel qu'il est donné, tel qu'il apparaît à un observateur attentif. Le fait scientifique est mesuré intégré à une théorie scientifique. Cependant, l'analyse de la méthode, c'est-à-dire les chemins que les scientifiques prennent pour constituer un savoir objectif, fait surgir une difficulté de taille: parlant de la science, il nous faut bien faire le constat de la diversité des sciences. Ont-elles un caractère commun? Cette diversité condamne l'unité de la méthode scientifique. Alors, il faut bien le dire, la science n'existe pas en soi.
Il n'y a rien de commun entre les sciences dites exactes, comme la physique ou la chimie et les sciences d'observations, telles la géologie, la paléontologie… et aussi les spéculations de la cosmologie, qui reposent sur des systèmes d'équations purement mathématiques;
7.2.3 Les faits selon l'Éternel Dieu
Il n'y a pas de faits, autres que les faits de Dieu dans Sa Création. Il y a littéralement un fossé infranchissable par les hommes entre le Temps et l'Éternité. Et c'est le décret éternel de Dieu qui confère à notre monde son sens absolu et intelligible. En dehors de la décision divine, l'Histoire ne s'écoulerait que vers le chaos de l'absurdité absolue.
Les Faits en relation avec l'Écriture[7]
Les faits en relation avec l'Écriture doivent être divisés en deux parties:
- Une partie traite des faits ou des phénomènes de l'Écriture elle-même.
- L'autre partie traite des faits de nature et de l'histoire dont les "sciences" et les philosophies traitent hors de l'Écriture.
Beaucoup d'ouvrages traitent de ces faits, mais il convient de voir succinctement de plus près.
1 Les phénomènes de l'Écriture[8]
La revendication concernant l'infaillibilité de l'Écriture dit que celle-ci appartient aux originaux, mais on n'a pas les originaux pour les consulter. On suppose alors qu'il y a des divergences ou des contradictions dans la Bible.
Certains érudits, étudiants ou professeurs orthodoxes, ont travaillé à montrer qu'il n'y a pas de grandes divergences dans le "système de doctrines" contenu dans l' Écriture. Mais il est aussi dit que dans une Bible infaillible, il ne peut y avoir aucune divergence ni contradiction. Il ne doit donc pas y avoir de faits historiques dans la Bible, en contradiction avec les exposés historiques des traités d'histoire. Mais la "Haute critique" des temps modernes, affirme qu'elle pense qu'il n'est pas possible d'harmoniser l'histoire des historiens avec l'idée d'une Bible infaillible.
a. Croire pour comprendre
Alors, dans ces conditions, quelle doit être l'attitude du croyant orthodoxe? Il ne peut être un obscurantiste en ignorant les difficultés. Mais il sait que ces difficultés ne seront jamais entièrement levées. L'étudiant sérieux n'a pas de réponses adéquates, il confesse qu'il n'est pas capable d'expliquer une contradiction apparente dans ce qu'enseigne l' Écriture et ce que disent les historiens académiquement respectables, mais aussi faillibles[9].
En un sens les croyants orthodoxes gardent cette doctrine de l'Écriture "en dépit des apparences". C'est-à-dire qu'ils croient ce qu'enseigne la Bible parce qu'elle est la Parole de Dieu, Dieu a dit que c'est Sa Parole. A la première place la question n'est pas comment puis-je croire sans entrer en conflit avec une science, mais quel est le témoignage de l'Écriture et quelle est l'expression de la foi chrétienne biblique. C'est là que se trouve notre point de départ (starting point) dans le monde.
Dire que l'Écriture se rend témoignage à elle-même et qu'elle s'identifie à elle-même, implique aussi qu'elle identifie chaque fait dans le monde. Ce qui veut dire, que Dieu dont l'Écriture parle, est le Dieu qui créé les faits tels qu'ils sont. Il s'ensuit que tous les faits sont de façon ultime en accord avec le système de Vérités enseigné par l'Écriture. Chaque fait dans l'univers est ce qu'il est, à cause de la place qu'il a, dans ce système établi par l'Éternel Dieu.
Bien plus, dire que chaque fait dans le monde, est ce qu'il est, parce qu'il a sa place dans le système de Vérité exposé dans la Bible, établit la légitimité du système de Vérité exposé dans l'Écriture, qui ne peut être complètement compris par la créature, non seulement parce qu'elle est pécheresse, mais aussi parce qu'elle ne veut pas croire toute la Vérité. L'homme est fini et il ne peut comprendre l'Éternel Dieu son Créateur de manière exhaustive.
b. Comprendre Dieu
Comme il ne peut comprendre Dieu complètement, ainsi il ne peut comprendre ce qui se rattache à Dieu de façon complète, car pour comprendre, il faut pénétrer sa relation à Dieu, et pour pénétrer cette relation il faudrait comprendre Dieu de façon exhaustive.
Les objections contre les phénomènes de la Bible, sont de ce fait légitimes, si ceux qui les font peuvent nous montrer la base positive sur laquelle ils se fondent. Cette base doit les rendre capables d'expliquer les faits selon un système de Vérité autre que celui que donne la Bible; il n'y en a pas d'autres;
La différence entre le point ultime de référence des Chrétiens, et celui des non-Chrétiens, montre clairement qu'il n'y a pas de discussion possible des faits pour arriver à une issue finale, sauf si cette différence est prise en considération.
La foi Chrétienne dans la Bible, comme Parole de Dieu, est intrinsèque à celle-ci, c'est une expression de la foi à Dieu Père Fils et Saint Esprit. Or, c'est la doctrine de la Trinité, qui est le point ultime de référence dans tout discours humain. Le Chrétien considère l'autorité finale de la Bible non pas qu'il le fasse toujours clairement, de façon exhaustive, mais il montre la cohérence de chaque fait, avec tous les autres faits de l'Écriture. Il se soumet à cette doctrine de l'Écriture, parce que s'il ne le fait pas, il ni a aucun point d'appui pour comprendre les faits
2 Les faits extérieurs à l'Écriture (cf. § 6.3.6 et 6.3.7)
Dans l'Univers, en général, les faits peuvent être considérés, soit à la lumière du système de Vérité explicité dans la Bible, soit par les systèmes fabriqués par les hommes, qui croient posséder un système de vérité.
Le Chrétien est convaincu qu'il n'y a pas d'autre système de Vérité, à la lumière duquel le monde peut être rigoureusement observé. La question n'est donc pas de savoir si les enseignements de l'Écriture sont en accord avec les faits des sciences tels que celles-ci les comprennent.
Comme on le dit souvent, les sciences peuvent interpréter correctement les faits de l'Univers sans aucune référence au système de Vérité énoncé par la Bible, c'est la possibilité due à la Grâce Générale, ou à la Révélation Générale dans la miséricorde de l'Éternel Dieu . On suppose alors que les sciences ont accompli leur tâche, et qu'elles l'ont fait avec succès. Elles sont donc supposées avoir un champ d'action qui leur est propre, et un territoire où elles seraient autonomes, mais cette autonomie est limitée par la Grâce générale. Ainsi, le Chrétien devrait considérer que leur vérité est la Vérité révélée dans l'Écriture, dans le cas où leurs résultats seraient certains.
Il est bien sûr certain que beaucoup de sciences ne sont pas comme la théologie en rapport direct avec la Bible. Ceci admis, il reste un sujet de grande importance qui de façon ultime tous les faits sont ce qu'ils sont à cause de leur relation au système de Vérité énoncé dans la Bible, ou ils ne le sont pas.
Mais dans chaque discussion, à propos de chaque fait , il y a les deux principes, celui du croyant biblique, et celui du non -chrétien, qui restent l'un en face de l'autre. Les deux principes sont totalitaires. Les deux réclament tous les faits. C'est à la lumière de cette réalité que la relation de la Bible, comme Parole infaillible de Dieu, aux "faits" des sciences et de l'histoire, doivent finalement être compris.
3 Appel à la logique
a. Le reproche
Le reproche est que, nommément, le système de Vérité est en désaccord avec la logique humaine et on ne peut pas traiter des faits sans prendre garde à la logique. Mais il faut répéter que les faits de l'Univers sont ce qu'ils sont, parce qu'ils expriment ensemble le système de Vérité révélé dans la Bible, qui est Parole infaillible de Dieu.
Dieu seul se connaît Lui-même, ainsi que toutes les choses dans l'Univers créé, de façon exhaustive. Mais Il ne se révèle Lui-même de façon absolument complète. Il s'est révélé à l'homme, mais pas de façon exhaustive. Ni l'Univers créé, ni la Bible, ne révèlent complètement Dieu à l'homme. L'homme n'a pas la capacité de recevoir une telle Révélation de façon exhaustive.
Dieu Se révèle à l'homme, selon la capacité de celui-ci à recevoir la Révélation. D'ailleurs toute révélation est anthropomorphique, elle commence et fini dans le mystère.
Car c'est Dieu qui fait chaque fait, ce qu'il est. Ainsi la compréhension de chaque fait, est une compréhension de quelque chose de l'action de Dieu dans le monde. Dieu est la Vérité. Il révèle à l'homme dans l'Écriture Son système de Vérité.
Le système de Vérité comme le chrétien trouve dans l'Écriture est analogue à celui de Dieu. Alors il ne s'agit pas pour l'homme de prendre une doctrine particulière et par induction dire ce qu'il en pense. Mais il doit considérer tous les faits et tous les enseignements de l'Écriture, pour ensuite les organiser au mieux, toujours dans la perspective que chacun d'eux, est dans l'ordre de la révélation de Dieu, et cet ordre n'est jamais entièrement compréhensible à l'homme.
b. déduire comme une bonne et nécessaire conséquence
Dans la Confession de Westminster[10], il nous est dit au titre I.6: Tout le Conseil de Dieu, c'est à dire tout ce qui est nécessaire à la gloire du Seigneur ainsi qu'au salut, à la foi et à la vie de l'homme, est expressément consigné dans l'Écriture ou doit en être déduit comme une bonne et nécessaire conséquence; rien, en aucun temps, ne peut y être ajouté, soit par de nouvelles révélations de l'Esprit, soit par les traditions humaines.. Néanmoins, nous reconnaissons que l'illumination intérieure de l'Esprit de Dieu est nécessaire pour une compréhension à salut de ce qui est révélé dans la Parole…Cet argument ne peut être utilisé comme justification à une exégèse déductive.
On ne peut pas partir avec l'idée du contrôle souverain de Dieu sur toutes choses, et déduire de cela qu'il n'y a aucune responsabilité humaine. On ne peut pas non plus commencer avec la doctrine de la responsabilité humaine et en déduire qu'il y a un contrôle absolu de Dieu sur la volonté des hommes.
S'engager dans cette sorte de déduction, ne veut pas dire que la Bible peut enseigner des choses contradictoires. Ce n'est pas dire que la Bible peut enseigner à la fois, que Dieu élit des hommes au salut, et en même temps qu'ils auraient le pouvoir de rejeter la grâce de Dieu.
Dire que Dieu élit, et que l'homme rejette l'élection, insinue que la Bible ne s'identifie pas elle-même à la Parole de Dieu et de Vérité. Ce serait violer toute la doctrine de l'Écriture. Car cette doctrine implique que Dieu identifie Sa Parole, comme Parole de Vérité, comme Sa propre Parole, Lui le Dieu de Vérité.
Ainsi le fait et la signification du fait, le Pourquoi et le Comment, de la Révélation de Dieu, sont impliqués l'un dans l'autre. De ce fait, il y a un système de Vérité, vérifiable dans la Bible. L'Éternel Dieu demande aux hommes de l'aimer et de Lui obéir. Au commencement Il les a créés parfaits à Son image. Mais ils se sont rebellés contre Lui. Il les appelle dans sa grâce, accordée par Son Fils Éternel à la repentance, à la repentance pour notre mauvaise interprétation des faits, qui racontent Sa Gloire. Et Christ le Rédempteur Fils de Dieu, nous parle directement avec les mots de l'Écriture.
c. offense et défit
Il s'ensuit que ceux qui prennent la Bible pour ce qu'elle dit, doivent présenter cette Bible, comme transportant le défit du Christ, envers les hommes. C'est un coup de clairon pour ceux qui sont en rébellion contre Dieu. Mais c'est aussi la grâce de Dieu donnée aux hommes. Et les croyants fidèles dans leur amour pour les perdus, ne doivent pas abaisser les réclamations de Dieu, révélées en Christ, qui appelle: Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir (Act 17: 30).
d. La repentance
C'est appel à la repentance s'applique à tous les aspects de toute la vie humaine, et pour toutes les activités des hommes, et en particulier sur les activités scientifiques. L'autorité de l'Écriture s'étend sur l'homme tout entier et sur l'ensemble de l'humanité. Cette autorité s'étend sur l'intellect, sur la volonté, sur le cœur et la conscience: aucune autre autorité n'est comparable.
Les hommes doivent donc se repentir de la direction qu'ils ont donnée à leurs entreprises scientifiques, pas moins qu'ils ne doivent se repentir d'avoir adoré leurs idoles. Le Christianisme est au sens le plus élevé, la religion de la Rédemption, qui veux racheter l'homme des erreurs de son intellect, aussi bien que des impuretés de son cœur. Le Christianisme biblique fidèle n'est pas lui-même sujet aux critiques de l'homme, mais il contribue à soumettre l'homme aux critiques des Lois de Dieu. L'autorité de la Révélation est non seulement normative, mais aussi causative, elle transforme les esprits et les intellects, comme elle conquiert les cœurs. Elle est en elle-même irrésistible.
[1] Biblical Creation Society, www.pages.org
[2] TYLER David J. Biblical Creation N°14, Revue de la Biblical Creation Society, 1983.
[4] MORRIS Henry M. The Biblical Basis for Modern Science, Baker Book House, 7ème édition 1987, p.43
RUSHDOONY R.J. Systematic Theoloy, Dominion mandat, Tome2, p.960-62.
[5] GRESHAM MACHEN J. Education, Christianity and the State, The Trinity Foundation. Chapitre 3 qui est la reproduction de la Conférence The Scientifique Preparation to the Minister. Cette Conférence fut donnée le 20 Septembre 1912 comme Conférence d'ouverture de l'année universitaire du Princeton Theological Seminary.
[6] En France depuis la Révolution, la religion ne peut être qu'une affaire privée.
[7] CVT The Christian Theory of knoledge p. 34
cf. § 6.3.4 et 6.3.8
[8] cf. § 6.3.6 et 6.3.7
[9] ARON Raymond, Introduction à la philosophie de l'histoire, Gallimard,1938/1986