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La théorie du cadre

Framework Hypothesis

 

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6.1.4 La Théorie du cadre ()

1. Origine[1]

Les premières idées concernant cette théorie hypothétique du cadre prirent forme parmi les théologiens libéraux, en Allemagne au XIXème siècle. Mais c'est le professeur Arie Noordzij de l'Université d'Utrecht qui utilisa ces idées comme outil d'interprétation de la Genèse en 1924.  Sa défense de cette hypothèse ne fut jamais très populaire.

 

Ce fut lorsque le professeur Herman   Ridderbos (une figure proéminente de la Gereformeerde Kreken, aujourd'hui en pleine déliquescence) l'a prise à son compte, quelle fut enseignée aux futurs pasteurs. Il écrivit un livre, où il développa ses idées au sujet de la Framework Hypothesis, c'est ainsi qu'il défendit cette hypothèse. Le titre de son livre, traduit en anglais était Is there a Conflict between Genesis 1 and natutal science?

 

Ce livre ne trouva pas beaucoup d'audience dans les milieux Réformés et Presbytériens, jusqu'à ce que Meredith Kline ne popularise cette théorie hypothétique. Celui-ci eut un vif succès en faisant la promotion de cette hypothèse, même dans les milieux les plus conservateurs. En collaboration avec le Dr Lee Irons il a écrit son point de vue dans un livre dont le titre est The Genesis debate.

 

Plus tard c'est Meredith G. Kline qui commença à l'enseigner au Westminster Theological Seminary, dans les années 50. Cette hypothèse par l'enseignement de Kline, a pénétré les Églises PCA et OPC[2] et d'autres communions Réformées. Et il s'ensuit une grande controverse qui dur toujours[3].

 

2. Que dit Meredith Kline?

L'article de Meredith G. Kline[4] Because it Had not Rained, concerne Genèse 2: 4-5, dont la traduction littérale de André Chouraqui est:

 

Tout buisson du champ n'était pas encore enterre, toute herbe du champ n'avait pas encore germé: oui, IHVH Elohim n'avait pas encore fait pleuvoir sur terre, et de glèbeux, point pour servir la glèbe.

 

Meredith Kline croit que ce verset 5 indique que c'est l'œuvre de la Providence de Dieu, dans le monde déjà créé, qui a été en action dans son cours habituel. Cela ne se serait pas passé dans la Création des six jours, chaque jour étant délimité par un soir et un matin. Le soir la nuit tombe, le matin le jour se lève.

 

Alors Kline prend l'exemple l'œuvre du troisième jour, où les eaux sont rassemblées dans l'océan, Elohim dit: les eaux s'aligneront sous le ciel vers un lieu unique, le sec sera vu. Et c'est ainsi  (Gen 1: 9). Il n'y avait pas plusieurs mers comme il dit, il n'a sans doute pas bien lu le texte, (v. 9): Elohim dit: "Les eaux s'aligneront sous les ciels en un lieu unique, le sec sera vu". Il y a un lieu unique pour  l'eau, c'est-à-dire un seul océan.

 

Mais Kline remarque que les continents venaient juste d'émerger, et que la terre, en un jour de 24 heures, ne pouvait pas être sèche par le processus ordinaire d'évaporation, qui devait opérer comme aujourd'hui. Ainsi  Kline se comporte comme un géologue uniformatorien. Il écrit:

"Pour prendre juste un exemple, ce fut l'œuvre du "troisième jour" que les eaux soient rassemblées ensemble dans des mers (seas) et que la terre sèche apparaisse et soit couverte de végétation (Gen1; 9-13) Alors, selon la théorie de la création en six jours, la terre devint sèche en 24 heures, or les continents (un seul lieu) venaient  juste d'émerger de dessous les ers, ne pouvaient devenir secs, aussi vite que parle processus ordinaire d'évaporation. Et encore, selon le principe révélé en Gen 2:5, le processus d'évaporation ordinaire se produisait en ce temps là".

Le résultat en fait approche le ridicule, lorsqu'on cherche à synchroniser Gen 2: 5 avec Genèse 1 interprété en termes d'une semaine de jours  de 24 heures…

Il n'y a rien de plus trompeur ni de plus séduisant que ce raisonnement:

-. Premièrement, Kline adopte l'hypothèse de l'uniformitarisme de Hutton et Lyell[5], selon laquelle tous se passe de la même façon depuis le commencement; il attribue donc tout à la Providence de Dieu, après la création des cieux et de la terre.

-. Ensuite il dit que Dieu a séparé le troisième "jour" les eaux dans plusieurs mers, et qu'il y eut  plusieurs continents. La Bible dit les eaux en un lieu unique, et par conséquent la terre en un seul continent.

-. Après que les continents ayant émergés un jour de 24 heures, ils ne pouvaient pas être secs en un seul jour par l'action actuelle de l'évaporation, comme il est dit en Genèse 2: 5

-. Enfin il compare Genèse 2: 5 avec Genèse 1, et dit que si ont cherche à les harmoniser, cela tourne au ridicule. Et sa conclusion est que la Création ne peut pas avoir eu lieu en 6 jours de 24 heures, selon la théorie des 6 jours délimités par un soir et un matin.

 

Pour en arriver là

1.      il a posé le postulat disant que les jours de création ne sont pas de l'ordre du miracle. Il n'y a donc pas de miracles. Il croit Hutton ou Lyell de préférence à la Bible.!

2.      Il attribue la suite à la Providence. Or dans la Confession de Foi,  Création et Providence font l'objet de deux titres séparés. Dieu crée toutes choses, non seulement le ciel, la terre et tout ce qui s'y trouve, mais aussi les esprits invisibles. Les anges seraient-ils créés sur un long laps de temps, non pas par miracle mais par évolution?

D'autre part selon la confession de Foi: nous croyons non seulement que Dieu a créé toutes choses, mais les gouverne et les conduit, disposant de tout ce qui arrive dans le monde et réglant tout selon sa volonté. Il est donc évident que l'on ne peut pas confondre Création et Providence comme le font non nombre de néo-évangéliques.

 

3.      En voulant attribuer la terre sèche au processus d'évaporation actuel, il faut qu'il se donne du temps et par conséquent les jours ne sont pas entre un soir et un matin, mais selon le principe uniforme qu'il a posé au début, les jours sont de long laps de temps.

4.      Dire que le processus ordinaire d'évaporation se produisait pace que l'Éternel Dieu n'avait pas encore fait pleuvoir sur la Terre: Mais une vapeur monte de la terre. En réalité le système hydraulique était lui aussi très différent de celui d'aujourd'hui.: Un fleuve sort de l'Eden pour abreuver le Jardin. Nous ne devons pas spéculer, ou faire de la science-fiction pour expliquer l'inexplicable.

5.      Finalement la plus grosse torsion du texte Biblique est le rejet du jour délimité par un soir et un matin, un jour solaire.

 

Ainsi M. Kline pose d'abord le principe que Dieu a créé selon sa Providence ordinaire, selon des causes secondes qu'Il aurait établies. Donc selon Kline la Création serait un processus habituel. C'est une Hypothèse qui peut satisfaire le constructeur d'un pont. Mais cela ne correspond en rien à ce que dit la Bible. Elle dit: Dieu dit et la chose arrive immédiatement et non pas dans 10 millions d'années! Mais ce qui est grave par cette hypothèse non vérifiable, il introduit le temps qui permet ensuite à se mettre d'accord avec l'évolutionnisme, et d'introduire la nouvelle hypothèse du Créationnisme Progressif.

 

Il introduit aussi une représentation figurative du temps, c'est une nouvelle gnose. Il n'y a donc pas d'Histoire de la création? Il n'y a pas de chronologie. Mais il introduit aussi deux récits distincts de la Création, comme le font les libéraux, avec leur hypothèse des sources. On devrait admettre deux sources, désignées par la critique allemande P et J.

 

Alors le premier chapitre doit être considéré comme un arrangement littéraire, sans chronologie. Ainsi, il semble ne pas connaître la différence entre la pensée Hébraïque et la pensée Grecque. La forme de pensée Hébraïque est issue de la révélation de l'Éternel Dieu; la forme de pensée Grecque est issue du paganisme, qui est toujours considérée comme la racine de notre civilisation. Dans la République de Platon, il y avait les citoyens et les métèques.

 

En ignorant la façon Hébraïque d'écrire l'histoire, on fait de graves erreurs. Umberto Cassuto, nous dit que dans la pensée Biblique Hébraïque, l'exposé général est d'abord énoncé et ensuite les informations particulières. L'exposé général est en Genèse 1, ensuite l'information particulière sur l'origine de l'homme, nous est donnée en Genèse 2.

 

Alors où est la contradiction? Elle est dans la tête de celui qui raisonne comme les Grecs, et cela n'a aucun rapport avec la pensée Biblique!

Cassuto, nous dit que:

Lorsque nous lisons la Torah telle qu'elle est, de façon continue, nous ne trouvons aucune contradiction entre le premier compte rendu, qui dit que la Terre était couverte d'eau, et ce qui nous est dit de la terre sèche au début de la présente section. En reliant le récit des premiers stades de la Création qui nous sont premièrement relatés dans Genèse 1, notre nouvelle section, Genèse 2: 5ss, ne récapitule pas le chapitre 1, elle décrit simplement l'état de la Terre lors de la dernière phase de sa création, lorsque l'homme était là. Un manque d'harmonie ne se présente que si  nous séparons les deux passages conjoints, et que nous traitons notre section comme un récit indépendant, alors naturellement, nous devons trouver dans cette section le commencement de l'histoire de la Création. La contradiction apparaît seulement lorsque nous regardons comme prouvé ce que la contradiction est supposée prouver. C'est là un exemple clair de poser une question à contre sens. La théorie qui  dit que Genèse 1 et 2 ne forment pas une unité (qu'il y a deux récits disjoints), ne nous aide pas à résoudre le problème inhérent au texte, mais au contraire introduit un problème qui n'existe pas.

 

En ce qui concerne la répétition du récit de la création de l'homme, qui est dit dans Genèse 1 et 2, il faut noter qu'une telle duplication, bien qu'elle semble étrange à ceux qui sont accoutumés à la structure de la pensée grecque   et tout à fait normale dans la pensée Sémitique[6].

 

Ainsi, il y a ceux qui inventent des problèmes par leur par leur mode de pensée, modelé par la pensée grecque, et ensuite ils font d'une unité deux récits contradictoires et construisent là dessus leurs théories entièrement fausses

 

En ce qui concerne les versets 5- 6: Tout buisson du champ n'était pas encore en terre, toute herbe du champ n'avait pas encore germé: oui, IHVH Elohim n'avait pas fait pleuvoir sur la terre… … Mais une vapeur monte de la terre, elle abreuve toutes les faces de la glèbe.

 

Nous avons ici la description de la situation avant la création de l'homme. Alors, que signifie hys le siah des champs et  le bsi esebh des champs? "Les commentateurs modernes, couramment, considèrent ces termes comme le règne "végétal dans son ensemble", c'est pour cela que pour eux il y a contradiction avec Genèse 1, la végétation étant apparue le troisième jour. Mais  il est fort difficile de croire que siah et esebh  sont les plantes les plus importantes et de les considérer comme représentant toute la végétation. Le siah des champs et le esebh des champs  n'étaient pas présents ainsi que les autres plantes."

 

"Mais il n'y a rien qui corresponde au mot ,ru très important, traduit par  encore. Toute interprétation de cette sorte, introduit quelque chose dans le texte qui n'y est pas, de façon à produire une contradiction. Quand le verset déclare que ces espèces étaient manquantes, la signification est simplement que ces espèces n'étaient pas présentes Si nous souhaitons comprendre la signification de siah des champs et de esebh des champs dans le contexte de notre verset, nous devons jeter un coup d'œil au verset 3: 18, dans les mots adressés par Dieu à Adam après la Chute: la terre produira pour toi des épines et des chardons, tu te nourriras de l'herbe des champs. Nous voyons que les mots esebh des champs sont identiques avec l'expression de notre verset 5, tandis qu'épines et chardons, synonymes de siah des champs, sont une particularisation du concept général, exprimé après, au Chapitre 21 verset 15, traduit par armoise.

 

Ces espèces là n'existaient pas, ou ne se trouvaient pas dans la forme que nous connaissons aujourd'hui, jusqu'après la transgression d'Adam; ce fut par la conséquence de sa Chute qu'elles arrivèrent dans le monde ou qu'elles reçurent leur forme actuelle. Adam ne fut plus en mesure de se réjouir avec les fruits du Jardin d'Eden, il fut donc contraint à cultiver la terre (3 : 23) de façon à manger du pain. Et la proposition citée ci-dessus, et tu mangeras l'esebh des champs (3: 18) correspond aux mots qui suivent immédiatement après: à la sueur de ton front tu mangeras ton pain (3: 19).

 

Ainsi  esebh des champs correspond au blé (froment) ou à l'orge et aux autres espèces de graminées, avec lesquelles on fait du pain. Il est évident que les champs de blé ou d'autres céréales n'existaient pas sur la terre. Dans les espaces qui n'étaient pas cultivés, la terre produisait par elle-même, comme punition, des ronces et des chardons - cette siah des champs que nous voyons pousser aujourd'hui sur la terre d'Israël après la pluie.

 

Là se trouvent les deux raisons que donne notre verset ( pour l'absence de ronces et de chardons et de grains), comme dans les deux propositions précédentes, qui nous expliquent, qu'il n'y avait pas de ronces dans les champs sur la terre, parce que l'Éternel Dieu, n'avait pas encore fait pleuvoir, les graines des champs, n'avaient pas encore germé, parce qu'il n'y avait pas d'homme pour cultiver la terre.

 

3. Les réfutations

Mais il faut fortement souligner que cette hypothèse a été entièrement réfutée. D'abord par le professeur G.C. Aalders de l'Université Libre d'Amsterdam, au temps où celle-ci n'avait pas été encore envahie par l'évolutionnisme. G.C. Aalders exposa en 1932 que:

 

1-     Il n'y a aucune allusion dans le texte de la Genèse, pouvant suggérer que les jours puissent être regardés comme de simples dispositions de style

2-     En Exode 2O: 11, l'activité de Dieu est présentée comme un modèle pour l'homme. Ce fait très clair, présuppose que c'était une activité bien réelle de l'Éternel Dieu pendant une semaine, et que c'est ce modèle que l'homme doit suivre[7]

 

Le professeur E. J. Young, un des fondateur du Westminster Theological Seminary, Professeur d'Ancien Testament, dans son ouvrage Studies in Genesis One, fait remarquer que personne n'a réfuté Aalders. Young lui-même consacre plus de Cinquante pages à la réfutation de cette hypothèse. Personne n'a réfuté E.J. Young[8].

 

Kenneth Gentry (Ph.D.) a fait un résumé exégétique  des arguments contre la Framework Hypothesis de la façon suivante:

 

1-     Le jour (yom) est déterminé par un soir et un matin (Gen 1: 5, 8, 13, 19, 23, 31), qui délimitent la durée: la Lune et les étoiles n'étaient pas nécessaires pour que le soir arrive; pas plus que le Soleil pour qu le Jour se lève.

2-     Le mot jour  (yom), désigne le 4ème jour pour une durée gouvernée par le soleil, est donc, tel le premier jour (Gen 1: 14).

3-     Dans les 119 occurrences du mot Hébreu yom (jour) utilisé avec un adjectif numéral  (second, troisième etc) dans les écrits de Moïse; le mot yom a toujours le sens littéral d'un jour solaire; on ne peut d'aucune manière changer le sens de ce mot dans le cours de Genèse 1. Le sens est toujours rigoureusement le même.

4-     En Exode 20 : 9-11, le modèle de la semaine de travail, d'après la première semaine de travail de l'Éternel Dieu Créateur, est le modèle d'origine, pour toutes les autres semaines: la semaine de Création est donc bien littéralement une semaine de 7 jours solaires.

5-     En Exode 20: 11 le pluriel utilisé pour les jours de Création, les caractérise comme jours habituels. Dans les 702 occurrences du pluriel "jours" dan l'Ancien Testament, ne signifient jamais autre chose que de façon littérale un jour solaire.

 

Il faut bien noter que le premier jour en Hébreu est YOM Eradh, jour UN, nombre ordinal, qui fixe la signification du mot jour entre un soir et un matin et qu'ainsi, il n'y en a pas d'autre.

 

4. Les incohérences qu'ils supposent pour établir leur hypothèse

 

1-     Le Soleil n'ayant été créé que le 4ème jour, ètant l'instrument utilisé pour mesurer les jours, alors, il n'y aurait eu aucun moyen pour mesurer les trois premiers jours. Alors comment a-t-on déterminé leur durée?

2-     Le 7ème jour, Dieu se reposa, et il n'aurait rien créé depuis, il serait heureux de sa Création. Donc le 7ème jour est un jour éternel et pas un jour normal; Ce qui ouvre la possibilité, que les autres jours soient autre chose que des jours solaires

3-      Genèse 2: 5 dans sa (supposée) description du troisième jour, montrerait que la façon utilisée par Dieu durant la semaine le fut par  sa Providence ordinaire. Ce jour ne peut être un jour solaire, au sens littéral, car il est impossible que l'eau qui couvrait toute la Terre se soit évaporée  durant ce laps de temps. Ce problème disparaît si le 3ème jour est un jour très long.

 

5. Une mise au point

 

Combien de théologiens et de croyants ont étudié les deux premiers chapitres de la Genèse, pendant des siècles et n'ont jamais vu ces inconsistances supposées. Et maintenant les propagandistes de la théorie du cadre voudraient nous faire croire qu'ils ont trouvé une nouvelle théorie de la Création. Ce qui les démange, c'est de ne pas pouvoir faire de la recherche, comme dans les sciences dures, de façon à se faire un nom, alors ils le font autrement.

 

6. Qu'est-ce que cette hypothèse enseigne?

Au cœur de la controverse se trouve, le nouveau point de vue sur l'Écriture, dans son contexte historique. Les genres littéraires prennent une grande importance, et des règles différentes s'appliquent aux divers genres littéraires rencontrés.  Cette hypothèse fait disparaître l'historicité de la Genèse et la reclasse comme un enseignement poétique. Alors qu'il y a de nombreux indices qui montrent le caractère historique de la Genèse, qui doit être rigoureusement compris comme tel.

 

L'hypothèse du cadre affirme que les jours de la Création, n'ont rien à voir avec le temps, ce sont des images conçues par Dieu pour nous aider à comprendre la Création. Les tenants de cette hypothèse trouvent qu'il est nécessaire d'interpréter la Genèse de façon non-chronologique.

 

Alors la Genèse est reconstituée comme une composition littéraire, de poésie ou semi-poétique, ce qui montrerait qu'il n'y a pas de chronologie, comme dans une œuvre littéraire.

 

La caractéristique principale de cette hypothèse[9] est la conversion des Six Jours de la Création de Genèse 1, en six énormes Idées. Or le cœur du Symbole des Apôtres est la récapitulation des événements Historiques "né de la Vierge Marie; Il a souffert sous Ponce Pilate; Il a été crucifié, Il est mort, Il a été enseveli, Il est descendu aux enfers; le troisième jours, Il est ressuscité des morts; Il est monté au Ciel, Il siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant; Il reviendra de là pour juger les vivants et les morts".

 

La raison de cette récapitulation avait pour but d'aller contre le mouvement gnostique. Celui-ci, au début de l'Église,  cherchait à diminuer le caractère historique de la Révélation, et même à l'éliminer. Les gnostiques disaient: ça ne fait rien que ces choses soient arrivées ou non. Quelle importance si la signification, la vérité, de cette grande idée est dans notre méditation.

 

La tendance des gnostiques était de convertir les événements historiques en de simples idées, et c'est bien cet esprit qui se retrouve chez certains néo-évangéliques, aujourd'hui. Alors on peut bien se poser la question: est-ce qu'on ne trouve pas le même esprit dans cette hypothèse du cadre, qui refuse l'historicité de Genèse 1 et 2 ??

 

 Ce qui est troublant est qu'en un temps où l'Église devrait sonner  clairement de la trompette, celle-ci est fêlée. Les futurs pasteurs sont occupés à de telles spéculations, qui ne concernent en aucune manière les fidèles, ni les projets de croissance des Églises.

 

Cette hypothèse a deux visées. La première procède par la supposition que le compte rendu de la Création, en Genèse 1 et 2 ne doit pas être pris à la lettre, mais doit être considéré comme un arrangement littéraire. C'est cet arrangement qui impose le cadre littéraire, qui lui-même est supposé être expliqué, de façon toute différente de la compréhension habituelle, depuis 2000 ans.

 

Alors, l'œuvre de Création décrite dans la Genèse, serait simplement une figure littéraire, pour donner des idées générales sur l'origine du monde, sans donner en aucune manière des informations sur la durée de l'œuvre de Création, sur l'ordre dans lequel Dieu a créé les créatures, ou la manière dont Il les a créées. Les jours ne sont pas des jours au sens littéral, mais une façon de présenter deux groupes de trois; il y aurait une relation entre les deux groupes de trois, et une corrélation peut être trouvée entre le jour un et le jour 4, entre le jour deux et le jours 5 etc..

 

Ce que la Genèse serait en train de nous dire, n'est pas d'abord, que Dieu a créé l'Univers, ni combien de temps cela lui a pris, mais seulement que la Création est divisée en trois sphères ou domaines séparées, chacune ayant ses propres lois. Il y a la sphère de l'espace réglée par le soleil et les étoiles. Il y a le domaine de la mer, où règnent les poissons et les oiseaux. Il y a la sphère de la Terre sèche, où règnent les animaux et l'homme.

 

Si l'on demande comment Dieu créa toutes choses, la réponse est: "par la providence naturelle", selon le livre de Kline, c'est-à-dire selon la façon ordinaire que Dieu utilise dans sa Création, c'est-à-dire selon les lois naturelles, en clair selon le processus évolutionniste, qui est encore en action aujourd'hui.  Le développement  sur quelques milliards d'années explique l'origine de la Création. Il s'ensuit plusieurs assauts contre la Bible.

 

7. L'assaut contre l'inspiration[10]

La signification littérale de l'Écriture Sainte a été le fondement de la Foi Réformée, depuis la Réforme de Luther et Calvin. C'est là la grande Vérité délivrée de l'emprise du Magistère de l'Église romaine.

 

L'Église romaine avait 4 niveaux d'interprétation. Pour elle le sens littéral de l'Écriture[11] n'était pas le vrai sens. Si quelqu'un voulait trouver le vrai sens, il devait aller de plus en plus profondément, dans les trois autres niveaux, jusqu'à ce qu'il atteigne le fond et trouve ainsi le vrai sens de l'Écriture, dans ces 4 niveaux. Ainsi les gens ordinaires du peuple de Dieu, étaient jugés inaptes à comprendre l'Écriture, et la Bible leur était interdite.

 

Mais lorsque la Bible fut traduite en langues communes (la première traduction fut celle de Luther et cela après l'invention de l'Imprimerie), l'Église de Rome interdit au peuple de Dieu de posséder une Bible.

 

Or, Dieu donne l'Esprit Saint à tous ses enfants, et avec l'illumination du Saint Esprit, ils sont tous capables de comprendre les Saintes Écritures. Et le point capital est que les Écritures doivent être prises à la lettre, littéralement; elles signifient ce qui est écrit et elles disent ce quelle disent et pas autre chose. Elles n'ont pas de sens  caché, aucun sens  au-dessous de la surface, rien entre les lignes, ni dans un fond difficile d'accès.

 

C'est là la vraie nature de l'Écriture Sainte, infaillible compte rendu exact des Paroles même de l'Éternel Dieu; Révélation de Dieu en Christ Jésus, Dieu.

 

La simplicité et la clarté des Écritures ne peuvent être vraies, si nous ne pouvons pas faire confiance à leur sens littéral. Si ce n'était pas le cas, l'Église aurait besoin d'érudits, pour dire aux fidèles quelle est la signification  de la Bible et on retomberait dans le Magistère romain déguisé. Or lorsqu'on lit les deux premiers chapitres de la Genèse, on comprend sans peine qu'ils enseignent une Vérité accessible à tous les régénérés: Dieu par la puissance de sa Parole, a appelé toutes choses à l'existence en Six jours.

 

Est-ce que l'Église des martyrs, l'Église persécutée par l'Inquisition,  l'Église des siècles passés, fidèle à son Seigneur, aurait-elle besoin aujourd'hui  d'érudits spéculatifs, pour connaître la foi quelle a défendu dans les pires circonstances? Est-ce quelle ne peut pas sans érudits, comprendre ce que les chapitres 1 et 2 disent clairement, si on ne commence pas par les tordre?

 

Toute théorie qui nie le sens littéral du récit de la Création, conduit l'Église vers une nouvelle Rome du Magistère, avec une nouvelle caste de prêtres, les érudits d'aujourd'hui, qui vont nous expliquer ce que nous sommes supposés incapables de croire et de comprendre.

 

8.      L'assaut contre l'autorité de l'Écriture

Cette hypothèse comme toutes les autres hypothèses qui refusent de comprendre Genèse 1 à la lettre, de façon littérale, exécute un assaut contre l'autorité de la Bible, parce que de façon insidieuse, cachée au commun des fidèles, allégeance est faite aux sciences palétiologiques, qui cherchent la vie parmi les fossiles morts. Comme nous l'avons fait auparavant, nous distinguons les sciences rigoureuses, de celles qui le sont beaucoup moins et qui parfois,  s'apparentent au scientisme.

 

Cependant les tenants de cette hypothèse revendiquent deux choses:

_ Ils affirment qu'ils croient à l'inspiration infaillible de la Bible

_ Ils affirment qu'ils n'imposent pas leur hypothèse à l'Écriture sous la pression des découvertes des paléontologues.

 

Souvent ils rappellent leur fidélité à la doctrine Réformée de l'Écriture. Mais ils disent aussi:

Notre position est que la révélation dans la nature et dans l'Écriture ne peuvent se contredire. S'il y a un conflit apparent entre notre interprétation de la révélation dans la nature et notre interprétation de l'Écriture, le seul rôle de la révélation dans la nature, est de servir d'avertissement pour que nous révisions notre exégèse[12].

 

Cela explicite très bien quelle est leur vraie position, en ce qui concerne leur point de vue vis-à-vis de la Sainte Écriture. Lorsque la révélation naturelle est en conflit avec la Bible, il faut réinterpréter la Bible pour qu'elle soit d'accord avec les sciences. Les sciences ont raison.

 

Dans l'argumentation des théoriciens du cadre, nous trouvons, qu'ils considèrent le scientifique des paléo-sciences, croyant ou non, cela n'a aucune importance, il est parfaitement libre, qu'il s'agisse de l'origine de la création, ou de la succession des événements de la création. Pour faire son travail hors des enseignements de la Bible, le scientifique est libre de faire toutes les hypothèses. Nous devons donc accepter la parole d'un infidèle, plutôt que la Parole de Dieu Créateur du Ciel et de la Terre. Et pourtant il s'agit de sciences palétiologiques.

 

Leur argument est que la révélation naturelle ou générale et la révélation spéciale sont toutes les deux Paroles de Dieu, et que les deux disent la même chose et ne peuvent se contredire l'une l'autre. Mais que ce soit Calvin ou van Til, ces deux Apologètes nous disent que notre péché nous rend spirituellement morts, sans l'assistance et l'illumination  du Saint  Esprit, qui donne les lunettes de l'Écriture, personne ne peut voir la réalité, telle que Dieu l'a créée. Ainsi, c'est la science qui doit être interprétée à la lumière de la Bible, et pas la Bible à la pâle lumière des sciences.

 

Deux points sont à souligner. Premièrement que l'hypothèse du cadre, comme toutes les théories qui essaient d'introduire l'évolutionnisme dans le compte rendu de la Création, l'évolutionnisme  étant fondé sur le Principe de l'uniformitarisme. Ce principe enseigne que le monde d'aujourd'hui, est comme celui qui est supposé exister depuis dix ou quinze milliards d'années. Les forces qui opèrent aujourd'hui, sont les mêmes que celles qui agissaient il y a dix milliards d'années; cela veut donc dire qu'il en était de même lors de la Création. Et le big bang remplace Dieu

 

Kline soutient ces spéculations, lorsqu'il dit que la Création a pris place par la "providence naturelle".

 

Or, la théorie de l'uniformitarisme  est démolie par le Saint Esprit, comme le dit l'Apôtre Pierre dans sa seconde Épître, au chapitre trois, où il met dans la bouche des moqueurs (versets1 à 4): …Où est la promesse de son avènement? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme depuis le commencement de la création. Mais  le Déluge arriva et il fut une catastrophe universelle; toute la structure de la Terre fut changée. Et maintenant elle est gardée en réserve pour le feu, en vue du jour du Jugement et de la perdition des impies.

 

Il y a une grande difficulté pour  les tenants de cette hypothèse, ils ne peuvent pas avoir de fossiles de 100 ou 500 millions d'années; il n'y avait pas de morts avant la Chute. Les Réformés réguliers, fidèles à l'Écriture, maintiennent toujours que c'est par la Chute d'Adam que la mort est entrée dans le monde et a atteint toutes choses, et que seulement par la mort expiatoire du Christ, qui enlève la malédiction, la création  est délivrée de l'esclavage de la corruption. Avant la Chute, la mort était impossible, et Adam vivait en amitié avec Dieu, seule source de vie. Avec la Chute et le Déluge, les choses n'ont jamais plus été comme au commencement.

 

9.      L'attaque contre le fondement de l'Évangile

Howard van TILL (sans aucun rapport avec Cornelius, dont le nom s'écrit avec un seul L, C. van TIL), dans son livre  The Fourth Day[13], dit qu'il ne fait pas de différence, entre celui qui croit au récit littéral de Genèse 1, ou celui qui n'y voit qu'un structure littéraire. Que quelqu'un croit ce que son livre enseigne, ou qu'il croit que Dieu a créé en six jours de 24 heures, ou toute autre théorie, la question de savoir ce qui est vrai ou ce qui est faux n'a pas de sens, sans rapport avec le sujet, parce que la narration de la Création, n'est pas une partie de l'Évangile du Christ.

 

Ce même raisonnement est celui des défenseurs l'hypothèse du cadre, faire un choix entraîne des divisions, les différents points de vue doivent donc être acceptés dans l'Église. Il est frappant et très significatif que les Arminiens disaient la même chose avant le Synode de Dordrecht, c'est ainsi qu'ils voulaient s'emparer de toute l'Église.

 

Lorsque Dieu créa les Cieux et la Terre, tout était prévu, le drame du péché et le Salut en Christ, qui est aussi un salut cosmique. Même le salut des cieux est en Christ, Dieu a tout réconcilié en Lui: … de tout réconcilier en lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix avec Lui, par le sang de la Croix (Col 1: 20).

 

Finalement de façon répétitive, la demande est faite pour que l'Église laisse la liberté à ses théologiens et érudits, de croire et d'enseigner ce qu'ils veulent, concernant la vérité de la création, parce que cette doctrine n'est pas une doctrine confessionnelle, disent-ils[14]. Alors que la Confession des Églises Réformées enseigne que Dieu créa toutes choses, on ne doit pas dire qu'elle est la durée de la Création. Cette  ligne de raisonnement est de l'ordre de la sophistique, une tentative de contourner la Confession. La Confession dit clairement que Dieu créa en six jours solaires.

 

Or la théorie du cadre contredit les Confessions de la Réforme de deux façons. Premièrement en affirmant que la création eut lieu par la "providence naturelle", et ne fut pas un miracle. Si la Création ex-nihilo n'est pas un miracle, alors il n'y a pas de miracles dans toute l'Écriture. Deuxièmement, les avocats de la l'hypothèse du cadre, contredisent toute la doctrine de la Création, parce que les diverses créatures vinrent bien de quelque part? Mais selon eux: les plus complexes  sont issues de formes inférieures. Tout cela est contraire aux Confessions de Foi de la Réforme, qui sont fondamentalement conformes l'Écriture comme Norme seconde, qui répudie.  l'évolution des espèces. Dieu créa toute créature selon son espèce.

 

En Hébreux 11: 3, nous lisons: C'est par la Foi que nous comprenons que le monde a été formé par la Parole de Dieu, de sorte que ce qu'on voit ne provient pas de ce qui est visible. Nous trouvons là le fondement de notre Apologétique: CROIRE pour COMPRENDRE.

 

Finalement, les Canons de Dordrecht comparent Création et Régénération (III & IV, Art. XII):  C'est là cette régénération si célébrée dans les Écritures, ce renouvellement, cette nouvelle création, ce relèvement d'entre les morts et cette vivification, que Dieu opère en nous et sans nous…

Il n'est jamais dit que le "comment" et la "manière" de la Création est une Vérité non confessionnelle. Ils font un travesti de nos Confessions, et cela conduit inévitablement à la négation d'autres doctrines bibliques et confessionnelles.

 

Une simple étude historique des conséquences de ces "hérésies", nous montre qu'elles sont toujours létales, pour les Églises qui les ont tolérées! La ligne de combat n'est pas entre des interprétations compétitives de la Création. L'issue du conflit est bien plus grave encore. La Question à se poser, est simplement celle-ci : Croyons-nous la Parole de Dieu, ou ne la croyons-nous pas? Ne pas croire l'origine de la Création et l'exposé littéral de Genèse 1, est la marque première de la situation de Foi chacun. Pour ou contre!

 

Ce refus de Croire consiste à dire au Christ Jésus: Il y a certaines choses qui ne sont pas arrivées comme Tu as dit qu'elles sont arrivées, parce que la science dit qu'il est impossible que la Création soit arrivée comme tu dis  dans la Genèse. Tout ceci nous conduit tout droit à la théorie de la Double révélation.

 

 


 

[1] WALKER Frank H. Heralding the Good News of Jesus Christ,

http://incolor.inebraska.com/stuart/framework.htm

[2] PCA: Presbyterian church in America; OPC: Orthodox Presbyterian Church.

[3] THIESSEN Kathleen M. (Ph.D.), A scientist looks at the PCA Creation Debate,

http://capo.org/thiessen2.html

[4] KLINE Meredith G. Westminster Théological  Journal, 20 (1958), 146-157.

www.asa3.org/ASA/PSCF/ressources/WTJ/WTJ58Kline.html

[5] HOOYKAAS R. Continuité et discontinuité en géologie et biologie, Seuil 1970.

[6] CASSUTO Umberto, Professeur de Bible à l'Université Hébraïque de Jérusalem, A Commantary on the Book of  Genesis, Traduit de l'Hébreu par Israël ABRAHAMS, Professeur d'Hébreu à l'Université du Cap. pp. 90-91. The Magnus Press, The Hebrew University

[7] Il est à noter que les Révolutionnaires le 24 Octobre 1793 s'empressèrent de bannir la semaine de 7 jours, pour la remplacer par les décades de 10 jours. Élaboré en pleine déchristianisation, le calendrier révolutionnaire tomba rapidement en désuétude; il sera définitivement aboli sous l'empire, le 11 nivôse an XIV (1er janvier 1806).

[8] Pas même H. Blocher dans Révélation des Origines

[9]  James B. Jordan © 1997 Meredith G. Kline Strikes Baack (Part 1)

   http://reformed-theology.org/ice/newlet/bc/bc.97.02.htm

.

[10] HANKO Herman, http://www.prca.org/current/framework.htm

 

[11] Seule la Bible en latin était admise.

[12] Cela est en opposition au Titre 2 "La Révélation" de la Confession de  Foi des Églises Réformées en France, qui nous dit:

"C'est ce Dieu qui se fait connaître aux hommes.

Premièrement, par ses œuvres, aussi bien par leur création que par leur conservation et la manière dont il les conduit.

Deuxièmement, et plus clairement encore, par la Parole qui, au commencement révélée par oracle, a été ensuite rédigée par écrit dans les livres que nous appelons: Sainte Écriture".

 

Donc, c'est sûr, c'est clair, c'est la Sainte Écriture qui est  la plus claire, en aucune manière elle peut être jugée par la révélation dans l'œuvre de création.

Plus grave encore, leur raisonnement correspond à la théorie de la Double Révélation, que nous allons examiner à la suite.

[13] VAN TILL Howard J. The Fourth Day, W.B. Eerdmans, 1986.

[14] Ce qui est faux, voir:

David W. Hall, http://capo.org/OpenLetter.html

Holding Fast to Creation, http://capo.org/holdfast0.html

 

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